Le projet PROLAIT au Sénégal: une histoire de la valorisation du lait local

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Le projet PROLAIT au Sénégal: une histoire de la valorisation du lait local

Anne MOREAU (on )

on the Tuesday, December 22, 2009 - 09:12

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Dans le cadre de ses activités, le PROLAIT (Projet d’appui à la transformation et la valorisation du lait au Sénégal, mise en œuvre par le groupement Enda Graf et GRET), a organisé jeudi 17 décembre, en collaboration avec la Direction de l’élevage et la FENAFILS (Fédération Nationale des acteurs de la filière du Sénégal),
une journée de réflexion et de concertation sur la réglementation et la création d’un label « lait du Sénégal » dans le cadre de l’amélioration et de la promotion de la qualité.
L’occasion de revenir, avec l’ensemble des acteurs de la filière, sur les principaux enjeux de la filière en termes d’approvisionnement, de qualité, de réglementation et de commercialisation des produits laitiers.
 
 
Un contexte qui justifie et incite à engager la réflexion vers un label "lait local"
 
- La nécessité d’améliorer la qualité des produits locaux
« Les réflexions sur la qualité du lait passe d‘abord par salubrité du lait, en terme microbiologique », rappelait en début de journée, Benoit Garin, responsable biologie alimentaire de l’Institut Pasteur à Dakar. Or, lors d’une étude menée par l’Institut en 2005, 90% des laits étaient non conformes à la norme qui définit critères bactériologiques. « C’est un gros chantier », conclue t-il.
En effet, la transformation des produits laitiers au Sénégal est tributaire d’un grand nombre de petits producteurs et de petites entreprises. Cette organisation nécessite donc la formation des producteurs afin d’assurer un standard de qualité constant pour le consommateur final.
En guise de 1ère étape, le PROLAIT a édité en 2008 et largement diffusé auprès de tous les fabricants de la filière, un guide concerté de bonnes pratiques d’hygiène.
 
- Une facture laitière qui s’alourdit
En 2007, elle pesait 35 milliards F CFA en 2007, aujourd’hui, elle se situe à 60 milliards. 
Depuis la fin des années 1970, les importations laitières sont en constante augmentation, et ce malgré une hausse de la production locale (112 millions de litres en 2007 à 152 millions de litres un an plus tard), qui aurait du faire revoir à la baisse les importations de lait.
 
- Une réglementation ancienne, pas toujours respectés et incomplets
Le texte spécifique sur le commerce des produits laitiers est le décret n°69-891 du 25 juillet 1969 (cf note sur la législation réalisée lors du GBPH–annexe 1).
Ce texte précise « La nature et la quantité de lait en poudre ajouté doit être indiqué si cette addition est supérieure à 5 grammes de poudre pour 100 grammes de lait », ce qui est fréquemment le cas pour les produits à base de lait en poudre. Or les emballages indiquent « lait reconstitué », « lait frais pasteurisé » mais jamais « lait en poudre ».
 
- Des consommateurs mal informés mais de plus en plus attentifs à la qualité sanitaire et nutritionnelle des produits
 
- Et des distributeurs qui ne connaissent pas les produits laitiers locaux
Une enquête réalisée par la Fenafils en 2008, et en collaboration avec le Prolait, auprès de boutiques de Dakar a révélé qu’une très grande majorité des distributeurs ne savent pas ce qu’est le lait local et ne connaissent aucune marque de lait produit au Sénégal. La promotion des produits de la laiterie du Berger a sans doute fait évoluer la situation mais on ne peut que constater que les boutiquiers, comme les consommateurs, sont peu informés sur l’origine des nombreux produits laitiers sur le marché, notamment les produits industriels à base de lait en poudre.
 
Dans ce contexte complexe multifactorielle, plusieurs possibilités pour valoriser la qualité du lait local ont été discutés : marque collectives privées ou sectorielles (ex : « Les niayes maraichères » pour l’oignon local de la zone des Niayes), garanties officielles de qualité (ex : valorisation de l’origine géographique), label de qualité et de certification de conformité.
L’atelier, rythmé par les dégustations de produits des participants, s’est terminé en soulignant combien « les défis de la valorisation de la qualité du lait sont importants et nécessitent une approche intégrée et un champ d’application large, intégrant toutes étapes de la production à la distribution »
 

(Remarque : ce sont les données que j'ai noté pendant la journée de conférence. Je vais essayer de trouver d'autres sources pour approfondir les premiers chiffres ici partagés).

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