La semaine dernière, notre équipe a eu la chance de participer à un événement phare de l’année 2011 :
Ashoka, en tant que pionnier et leader dans le domaine de l’entrepreneuriat social, aura accompagné depuis 30 ans quelques 3,000 entrepreneurs sociaux. Plus de 1,000 personnes étaient rassemblées les 21 et 22 juin pour célébrer ce grand anniversaire.

Lors de la table ronde d’ouverture, Michel Barnier a témoigné de la volonté de la Commission Européenne de prendre des initiatives en faveur du développement de l’innovation sociale. Affaire à suivre !
Le « Drum café » nous a ensuite proposé de vivre une expérience inédite : 1,000 personnes ont pu jouer ensemble des percussions, entraînées par l’excellente équipe de Warren Lieberman. Un moment de partage plutôt énergisant pour un début de conférence haut en couleurs !
3 leviers essentiels à l’accélération du changement social en Europe ont été identifiés par Ashoka et présentés aux participants :
- Devenir acteur de changement (valeurs et compétences à développer)
- Construire de nouvelles alliances (collaborations hybrides à initier)
- Transformer l’écosystème (environnement financier, technologique, légal favorable au développement de l’innovation sociale)
Plusieurs ateliers étant proposés en même temps autour de chacun de ces thèmes, les choix ont été difficiles ! Si la grande réussite de l’événement aura d’abord été de permettre à des individus de pays et d’horizons professionnels différents (secteurs associatif, privé lucratif, et public) de se rencontrer, j’aimerais partager ici quelques points de contenu abordé dans les sessions liées à la finance sociale.
Bénéfices et obstacles de la finance sociale : les leçons à tirer
Les témoignages de N. Hazard (Comptoir de l’Innovation / Groupe SOS) et J-L. Perron (Fondation Grameen Crédit Agricole) ont notamment permis d'aborder les nécessités de :
- clarifier la définition de social business et prouver la solidité du modèle
- construire et promouvoir des « success stories » inspirantes
- adapter les outils de la finance traditionnelle aux particularités de l’investissement social
Selon plusieurs participants, la question du retour financier ne devrait pas tant monopoliser l’attention car il existe toujours des investisseurs (les « early adopters ») prêts à accepter une faible rémunération, d'abord motivés par le challenge et l’impact potentiel de leur argent. Cela renvoie à la conception selon laquelle le secteur de l’impact investing serait à cheval entre l’ISR (Investissement Socialement Responsable) et la philanthropie. Il s’agirait donc de construire une nouvelle classe d’investissements, qui puisse satisfaire les attentes des différents profils d’investisseurs (aux motivations variées) tout en répondant aux besoins des entrepreneurs sociaux.
L’idée d’un mapping structurel dynamique qui répertorie entreprises sociales, intermédiaires et investisseurs, a été avancée. Cette cartographie proposerait une segmentation du marché en fonction de critères multiples du côté entrepreneurs (ex : stade de développement, potentiel de changement d’échelle, besoins de financement) et du côté investisseurs (ex : motivations, types d’outils financiers mobilisés). En parallèle, il semble essentiel de constituer un véritable écosystème de support (conseil financier, légal, technique) permettant aux entrepreneurs de bénéficier du soutien d’autres entrepreneurs, de mentors, de réseaux, etc.
Tisser des liens entre les investisseurs et les entrepreneurs sociaux
Que signifie construire un partenariat gagnant-gagnant entre investisseurs et entrepreneurs sociaux ? Si ces 2 parties prenantes parlent un langage formellement différent, elles ont pourtant besoin de mieux se comprendre. Cela suppose notamment que les entrepreneurs soient formés aux enjeux de communication et qu’ils aient l’espace nécessaire pour rencontrer et discuter avec les investisseurs (car comme le rappelle un participant « something is about personal trust »). Plusieurs groupes de travail ont finalement évoqué le rôle qu’Ashoka pourrait avoir dans la construction de ce pont entre investisseurs et entrepreneurs.
Plus d’informations sur l’impact investing dans un de nos articles précédents.
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